Dans un lointain reflet de notre monde, l'alchimie des saisons orchestre le cycle de la vie depuis des âges oubliés. Gardienne infatigable d'un équilibre séculaire, la valse des saisons vibre comme un chant sacré, liant la terre au ciel par le secret de ses métamorphoses.
Lorsque les premiers frimas s'invitent sur la contrée d'Alrüne, s'élève le chant de la Dame des Neiges, une mélodie diaphane invitant la contrée au repos. Sa présence, d'abord timide au déclin de l'automne, s'infuse dans la fraîcheur des matins où une brume de cristal vient draper les champs et les forêts d'un voile de silence.
Les rares âmes l'ayant entrevue dépeignent une silhouette d'une grâce éthérée : une femme à la beauté fragile, dont la haute stature s'enveloppe d'une robe de givre scintillant. Ses longs cheveux polaires s'épanchent en une cascade de lumière, se confondant avec les reflets de la neige.
Tandis que les braises crépitent dans l'âtre, un jeune elfe s'imprègne des paroles de sa grand-mère qui, d'une voix empreinte de mystère, lui murmure sa légende. Au-delà des murs, la nuit souveraine a déployé son manteau d'astres et s'est installée sur son trône d'étoiles.
" Il y a fort longtemps notre monde sombra dans un chaos sans précédent.
Le cycle des saisons se brisa, condamnant les récoltes et déclenchant des guerres fratricides pour les dernières ressources ; l'avenir n'était plus qu'une promesse de cendres.
Même ici, en Alrüne, où le gel est d'ordinaire souverain, la neige déserta les cimes pour laisser place à une chaleur étouffante.
Aucune magie ne semblait pouvoir panser les plaies de la terre.
Pourtant, au plus profond d'une grotte oubliée, le destin bascula : une faë y découvrit un œuf de cristal, aussi pur qu'un diamant, niché au cœur d'un écrin de glace éternelle.
Dès que la Faë effleura la paroi cristalline, l'œuf se mit à vibrer avant de s'ouvrir sur un nouveau-né singulier.
Elle l'emporta au creux de son arbre-foyer ; dès l'aube, le nourrisson s'était métamorphosé en une fillette aux longs cheveux de nacre.
Revêtue d'une vieille robe d'enfance précieusement conservée, la petite insista pour découvrir le monde extérieur. Dehors, le soleil cuisait déjà la terre, et les arbres semblaient gémir sous une chaleur contre-nature.
Devant cette agonie, l'enfant versa une larme, puis entonna un chant d'une pureté ancestrale. Sa mélodie, douce et sacrée, attira une foule de Faës curieux. C'est alors que, répondant à sa voix, les nuages envahirent le ciel pour offrir enfin une ombre salvatrice.
Peu à peu, le froid vint et la température chuta d'un coup. De petits flocons se mirent à tomber dans une farandole douce et glaciale.
Les Faë acclamèrent l'enfant car ils comprirent que son chant avait ramener l'hiver.
L'enfant leur expliqua qu'a présent tout allait rentrer dans l'ordre mais qu'il fallait qu'elle aille éveillée ce qui comme elle peuvent ramener et maintenir l'équilibre.
Le lendemain a l'aube, certains virent la silhouette d'une jeune femme dans la brume glaciale du bleu de l'hiver. Elle s'était alors transformer en un magnifique dragon blanc et scintillant qui disparu dans le brouillard en un battement d'ailes.
Cette année là, il y a eu de la neige même dans les endroits habituellement froid de la planète. On dit alors que cela a dû se produire lors du grand voyage de Cyréis. Elle fut nommer ainsi par les Faë, cela veut dire première neige dans leur langage.
Peu à peu, l'équilibre revint sur la planète.
Depuis ce jour, la nature suit sa valse éternelle : le réveil printanier, l'explosion de l'été, le calme de l'automne, et enfin, le sommeil protecteur de l'hiver."
L'enfant elfe se glissa sous ses draps, l'esprit encore bercé par la légende de Cyréis. Par la fenêtre, il contempla un instant la nuit profonde où les aurores boréales dansaient parmi les étoiles. Il s'endormit avec un rêve secret : apercevoir, un jour, la Rose de l'Hiver.
À l'aube, tandis que la maison restait plongée dans le silence, il se leva et s'emmitoufla pour braver le gel ; son cœur l'appelait vers le lac qu'il espérait voir enfin glacé. Sous un ciel d'un bleu d'encre, il s'enfonça dans la forêt givrée, sa torche vacillante à la main. C'est alors qu'une mélodie pure et enchanteresse s'éleva, frémissant dans le feuillage pétrifié. Guidé par cette voix, il s'approcha aussi silencieusement qu'il le put.
Elle était là.
Majestueuse et rayonnante, Cyréis se tenait au bord de l'eau. De ses lèvres s'échappait un souffle de givre qui, au rythme de son chant, transformait la surface du lac en un miroir de cristal.
Le jeune elfe resta pétrifié, le souffle court. Pourtant, elle devina sa présence et tourna vers lui un visage éclairé par un sourire. Elle s'avança avec grâce, plongeant dans les siens ses yeux d'un bleu envoûtant. L'air sembla se figer lorsqu'elle arriva à sa hauteur.
— Tu vas pouvoir patiner désormais... murmura-t-elle d'une voix aussi apaisante qu'une brise d'hiver.
L'Elfe lui rendit son sourire, le cœur battant, et resta là à la regarder s'estomper, puis disparaître totalement dans les brumes givrées de la forêt.
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